jeudi 22 avril 2010

Doudou or not doudou?

Ma fille a plein de toutous. Des tonnes de toutous. Trop de toutous. Sa préférence va à un rigolo trio de marionnettes composés d'un lion, Simba, un léopard, Léo, et un chinge, Rikiki. Ils peuvent tous crier quand on appuie au bon endroit, un bouton à presser à l'intérieur. Et ils crient haut et fort. Ce n'est donc pas le genre de toutous qui nous accompagne pour dormir. Imaginez qu'on se retourne au milieu de la nuit et qu'on roule sur Kiki... Qui nous sort brutalement du sommeil en s'écriant hiiiii hiiiii hiiiiii.

Il y a un moment, je me suis questionnée sur l'utilité et l'utilisation de ce qu'on appelle les objets de transition en psychologie, ou alors les fameux doudous, dans le langage courant. Je croyais, avant d'être maman, que tous les enfants avaient leur siate, ou doudou. Que c'était indispensable. Quand j'étais bébé, j'avais une petite couverture jaune que j'appelais ma siate et que je traînais partout. Je l'ai encore, mais ce qu'il en reste rappelle plutôt une gigantesque tranche de fromage à trous. J'ai d'abord pensé que ma fille se choisirait une doudou naturellement. Mais quand elle a eu six mois, elle ne manifestait toujours pas de préférence, et ne dormait pas très bien. Bien selon qui, selon moi bien sûr, car elle se portait à merveille, mais c'est une autre histoire. Ma soeur m'a raconté qu'elle avait pris l'habitude de toujours coucher sa fille avec le même toutou, ce qui fait qu'elle l'avait adopté par la force des choses et s'y était attachée. J'ai donc choisi une peluche qui me semblait douce et rassurante et j'ai essayé de coucher ma fille avec. Le résultat fut médiocre. Dans le meilleur des cas, elle y était indifférente; dans le pire des cas, ça lui donnait envie de jouer et la distrayait du dodo... J'ai donc abandonné l'idée pendant un an.

Cet hiver, j'ai pris des cours et j'ai dû m'absenter deux soirs par semaine durant 3-4 mois. Je devais revenir vers 21h30, ma fille serait donc en principe couchée car elle a l'habitude de s'endormir vers 20h. Mon amoureux était très inquiet de comment il allait faire pour la coucher en mon absence, car elle s'endort toujours avec moi. Je me suis dit que j'étais sa doudou et je me suis mise à douter de ma méthode. Peut-être la rendais-je insécure par ma faute? J'ai donc de nouveau jonglé avec l'idée d'introduire une objet de transition, pour faciliter le coucher. En discutant avec d'autres mamans proximales comme moi, j'ai réalisé que ces doudous ne font pas du tout l'unanimité. Dans les familles où l'on pratique le cododo, on n'en voit pas l'utilité. La doudou est en effet sensée rassurer l'enfant en l'absence de sa mère, or dans le maternage de proximité on croit que la présence de la mère est ce dont l'enfant a besoin. Je ne dois pas me percevoir comme une doudou, puisque c'est la doudou qui fait office de mère et non l'inverse. Mais comment concilier mes valeurs avec le fait que je ne puisse justement pas être toujours présente?

Je n'ai pas de réponse univoque à cette question. Mon amoureux a bien fini par trouver des trucs avec notre fille, mais ce qui marche un jour ne donne plus rien la semaine suivante. C'est une constante adaptation. Je reste convaincue d'une chose: à 18 ans, elle ne me réclamera certainement pas pour aller dormir.

À suivre...

1 commentaires:

  1. Bonjour Geneviève,
    Pratiquant nous aussi le cododo avec Boris, je peux te confier que nous essayons d'alterner notre présence auprès de lui depuis les premières semaines pour justement l'habituer à autant s'endormir avec maman que papa. Bien sûr, maman finit par être davantage présente, devant souvent récupérer un peu plus que papa et se mettant au lit avec garçon donc. Mais garçon a compris qu'autant l'un que l'autre peut l'accompagner vers le sommeil. Aussi, je crois que ce qui nous a beaucoup aidé, c'est que Boris ne se soit jamais endormi au sein. Je l'allaite et ensuite, nous le couchons. Et oui, ce qui fonctionnait hier ne fonctionnera peut-être pas aujourd'hui. Mais pour toutes les phases qu'il traverse, j'ai confiance, confiance qu'avec le temps, il comprendra qu'il est sécurité. Et de fait, les nuits se placent calmement, mais sûrement.

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