« La colère des gens, elle sort par la bouche. »
- Ma fille, 3 ans et 3 mois
Peaceful Parenting publiait cette semaine
un article sur l'utilisation du retrait (time-out) chez les jeunes enfants. Selon la Australian Association for Infant Mental Health, elle serait néfaste au développement émotionnel des enfants de moins de 3 ans. La Société canadienne de pédiatrie propose quant à elle d'utiliser des
périodes dites de réflexion dès l'âge de 2 ans. D'après mes propres observations, certains parents et même certains éducateurs vont utiliser le retrait encore plus tôt, dès l'âge de 18 mois.
Je crois que c'est une bonne idée de retirer son enfant d'une situation problématique, par exemple s'il mord ou agresse quelqu'un, s'il fait le bacon au supermarché, etc. Mais cet enfant a besoin d'accompagnement, et non d'être isolé tout seul dans un coin. L'ignorer, couper les interactions avec les parents et autres, ne l'aide pas à acquérir des capacités d'auto-régulation de ses émotions, mais l'encourage plutôt à les étouffer. Le jeune enfant a besoin qu'on le guide et qu'on l'accompagne dans la gestion de ses propres crises.
J'en parle parce qu'en ce moment on a les deux pieds dedans, avec ma grande qui a trois ans passé, qui s'affirme, cherche son indépendance mais a encore tellement besoin de ses parents en même temps. On est en pleine période d'ajustement, parce qu'à mesure qu'elle évolue, notre relation avec elle évolue aussi. On essaie de trouver notre propre voie. La plupart des crises ou comportements indésirables sont causés par un trop plein d'émotion : «La colère des gens, elle sort par la bouche » m'a expliqué ma fille, après avoir piqué une grosse colère. Un trop plein d'émotion et une déconnection; tant qu'on reste connecté les uns aux autres, sensibles à nos besoins respectifs, généralement tout baigne. Quand la crise survient, c'est qu'on s'est déconnecté. Isoler l'enfant, l'envoyer au coin, ne réglera pas le problème! Il faut au contraire chercher à rétablir la communication.
Peaceful Parenting propose une
sélection intéressante de livres sur la discipline positive. J'en possède quelques uns, que je n'ai pas tous lus malheureusement. Je peux vous recommander chaudement
Playful Parenting, qui donne des astuces très concrètes et utiles pour se reconnecter avec son enfant par le jeu.
Je suis tombée de clics en clics sur cet intéressant article de Aletha Solter:
Vingt Alternatives à la Punition, dans lequel on retrouve bien des trucs sensés, certains que j'applique déjà et d'autres qui m'inspirent.
J'aimerais toutefois émettre mes réserves sur Aletha Solter. Je ne suis pas une fan d'elle et de ses méthodes. En gros, sa
check-list de parents conscients s'apparente énormément à celle du Dr Sears et de l'
attachment parenting. Elle recommande une façon d'accompagner le bébé dans ses pleurs qui s'apparente à du
control-crying, mais dans les bras du parent plutôt que seul dans son lit. Ce n'est pas, à mon avis, la meilleure façon de répondre au besoin du nourrisson, dont la plupart des pleurs se règlent avec une bonne tétée. Si le bébé a effectivement vécu un gros stress et a besoin de s'en décharger, c'est qu'on a réagi trop tard. Je le sais pour l'avoir déjà vécu...